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Que se passe-t-il si nous effectuons la transplantation d’une tête ?

Le problème principal dans une greffe de tête n'est pas seulement le fait que le corps puisse rejeter le nouvel organe, mais il réside également dans la moelle épinière. Cette partie du corps est directement connectée au cerveau, et répond par l’envoi de signaux nerveux à d'autres parties du corps. Un traumatisme au niveau de la moelle épinière lors d'une greffe – ce qui est très probable – peut conduire la personne à cesser de sentir son corps, à l’exception du visage, sans parler de son impossibilité de se déplacer.

 

Le but de ces opérations est justement d’aider des personnes avec des corps atrophiés, par exemple des patients souffrant d'atrophie musculaire. C’est la même maladie dont souffre Stephen Hawking. Mais la médecine chirurgicale continue de progresser et des résultats ont déjà été obtenu dans ce domaine.

 

La transplantation des têtes de chiens


Source : Wikipedia

Les premières greffes de tête ont été réalisées au cours des dernières années, mais sans la participation de donneurs humains. Plus exactement, il s’agissait de plusieurs opérations simultanées où participèrent 20 chiens, pour la plupart de simples chiens errants.

En 1945, le médecin soviétique Vladimir Demikhov ajouta une tête supplémentaire à nos amis à quatre pattes. Oui, cela semble assez étrange, un peu sinistre, et plus ou moins dans le style de Frankenstein ! Il s’agit pourtant d’un fait réel et véridique.

Les chiens à deux têtes pouvaient manger et comprendre ce qui se passait autour d’eux. Le chien le plus résistant réussit à vivre un mois avec ses deux têtes. Pendant ce temps-là, les têtes continuèrent même à grandir, du moins le pelage, qui poussa de 2 cm.

Une expérience en cachette

Le plus intéressant, c’est que Demikhov n’était pas un médecin professionnel. Alors il devait travailler dans des conditions terribles, caché dans des sous-sols, alors qu’il menait ses expériences pour donner vie à Cerbère, vous savez, le chien grec à trois têtes.

Eh bien, malgré toutes les greffes de têtes canines, cela permit à la science de transplantologie de progresser de manière considérable. De ce fait, un disciple de Demikhov a réalisé la première greffe de cœur, sur la base de ces mêmes expériences canines.

Et tout ceci, grâce au fait que le scientifique soviétique unissait non seulement des chiens à d’autres. Mais il transplantait aussi leurs organes avec des résultats vraiment étonnants.

La greffe des têtes de singes


Source : Freepik

Environ 16 ans après les chiens à deux têtes, le scientifique nord-américain Robert White décida de réaliser une série d’opérations spéciales au centre d’études sur le cerveau de Cleveland.

Pour White, étudier le cerveau humain n’était pas suffisant. Autrement, nous n’aurions pas mentionné son nom, n’est-ce pas ? En fin de compte, après de nombreuses expériences, Dwight décida de réaliser une greffe de tête en utilisant deux singes.

L’opération dura deux heures d’affilée pour le médecin et ses assistants, et connut un certain succès, du moins à l’époque. Le singe survécut et en se réveillant, il était conscient que pendant sa sieste, les médecins avaient changé quelque chose à son corps. Il regardait les humains avec haine et en grinçant des dents.

Une expérience inachevée

Malheureusement, les complications survenues après l’opération ne permirent pas de poursuivre l’expérience ou de mener des observations profondes car le singe mourut seulement 36 heures après.

Le Dr White s’attendait à une bonne réaction de la part de la communauté scientifique pour son expérience et ses résultats. Mais les gens étaient atterrés et surpris.

Malgré tout, le scientifique put continuer ses études avec ses disciples, espérant même réaliser plus de greffes de têtes. Cependant, il n’obtint jamais le soutien financier pour pouvoir le faire.

La transplantation des têtes chez les humains


Source : Freepik

Naturellement, toutes ces études et les nombreuses expériences menées sur les pauvres animaux ont été le prélude à l’expérience finale. C’est-à-dire, une greffe de tête sur un être humain. Rassurez-vous, personne n’a encore réalisé ce genre d’expériences.

Cependant récemment, en 2015, le neurochirurgien italien Sergio Canavero a promis de réaliser une opération de ce genre en 2018. Cette nouvelle a surpris le monde scientifique, suscitant également l’intérêt de nombreuses personnes qui n’ont aucun lien avec la science ou la médecine.

Beaucoup se moquèrent de Canavero, tandis que d’autres l’accusèrent de ne pas avoir d’éthique médicale et de bien d’autres péchés encore. Pourtant, les moqueries et le scepticisme n’empêchèrent pas Canavero de trouver du soutien partout dans le monde.

Une expérience qui fait polémique

Il présenta en premier lieu une série d’articles dans la revue Surgical Neurology International, au côté de quelques scientifiques sud-coréens et nord-américains, à propos d’une substance spéciale qui, d’après lui, pourrait aider à récupérer la moelle épinière après une greffe.

Les traumatismes au niveau de cet organe, comme nous l’avons déjà dit, sont la principale difficulté lors de la transplantation d’une tête. Les scientifiques ont appris à rassembler des os brisés et pourront probablement, à l’avenir, les cultiver dans des flacons pour réaliser des greffes sans donneurs. Cependant nos connaissances actuelles sur la récupération des connexions entre les neurones ne sont pas les meilleurs.

Toutefois, l’équipe des scientifiques a réalisé une expérience en utilisant huit souris de laboratoire atrophiées sur lesquelles on injecta cette fameuse substance pour pouvoir observer leur comportement.

Résultat :

Trois rongeurs sur huit n’ont pas survécu à l’opération, tandis que les cinq autres ont difficilement retrouvé leur capacité à se déplacer. Quelques temps après, les scientifiques décidèrent de renouveler l’expérience, mais pas avant d’avoir amélioré la substance.

L’expérience se vit cependant entravée par des circonstances inattendues. Le laboratoire fut inondé et les souris moururent, sauf une. Elle retrouva le contrôle de son corps, et deux semaines plus tard, elle put manger seule et décida ensuite de conquérir le monde.

Après les souris, les scientifiques décidèrent de mener des expériences sur des animaux plus grands ; un chien cette fois.

Mais rassurez-vous !

Cette fois-ci, on n’utilisa pas de tête supplémentaire ou des choses similaires. Les scientifiques injectèrent tout simplement du polyéthylène glycol dans l’épine dorsale d’un chiot, dont 90 % de la moelle épinière était touchée. Résultat : trois jours après cette expérience, le chien pouvait bouger ses pattes, deux semaines plus tard, il pouvait ramper, et au bout de la troisième semaine, il commença à marcher.

Bien entendu, les critiques ne se firent pas attendre. Les personnes qui étaient contre l’expérience parlèrent du manque de contrôle et du manque suspect de preuves. Les scientifiques répondirent en affirmant que c’étaient des expériences préliminaires et qu’à l’avenir, ils renouvelleraient les essais en se conformant à toutes les exigences nécessaires.

Lors du processus de préparation de sa grande opération, Sergio Canavero a également mené l’expérience sur un singe. Après la greffe de la tête, la moelle épinière du primate ne put être récupérée à cause des traumatismes, et les scientifiques durent baisser la température du cerveau à 15°C afin d’éviter la mort des cellules.

En gros, l’expérience fut un échec, et le singe ne vécut pas plus de 20 heures. Cet échec n’arrêta pas le scientifique. En effet, le médecin est aujourd’hui prêt à réaliser la greffe d’une tête humaine, et il est en négociations avec un groupe de spécialistes qui va réaliser l’opération.

Canavero ne veut qu’assister les médecins, peut-être en raison de sa spécialisation. D’après le neurochirurgien, la première opération de ce genre sera it réalisée en Chine en décembre 2017. Avec le soutien du gouvernement chinois qui financera cette coûteuse opération, à condition que le donneur soit un citoyen chinois.

Voici selon Sergio Canavero, le processus qu’on devrait utiliser :

Deux équipes travaillent en parallèle sur un receveur tétraplégique et un donneur en état de mort cérébrale. La première refroidit la tête du receveur à 15 degrés, ralentissant le métabolisme du cerveau pour qu’il ne subisse pas de dégâts durant la période où il ne sera pas irrigué.

Ensuite l’équipe dégage les muscles et les vaisseaux sanguins du cou, la trachée et l’œsophage. On conserve la thyroïde. Puis c’est l’incision simultanée des moelles épinières à l’aide d’une lame ultrafine.

La tête du receveur est ensuite transférée sur le corps du donneur et, immédiatement, les axones de la moelle épinière sont reconnectés, grâce au mélange PEG-chitosane, ainsi que toutes les parties sectionnées. Un traitement immunosuppresseur est mis en place.

Ainsi si Sergio Canavero réussit, un nouvel homme est né. S’il survit et souhaite avoir des enfants, sa descendance sera en réalité celle du donneur mort…Problème…comme vous le savez nous sommes en 2018 et il semblerait que Sergio Canavero n’ait toujours pas réalisé son opération.

Parlons maintenant de ce qui est vraiment intéressant

Quelles sont les conséquences d’une greffe de tête ? Pour l’instant, les scientifiques n’ont pas de réponse claire. La seule chose qu’ils assurent, c’est qu’il s’agit d’une opération très délicate qui, en cas de succès, représentera un grand pas en avant pour l’humanité, un véritable saut vers l’avenir.

L’opération coûtera 20 millions de dollars, et pour la réaliser, plus de 150 médecins, infirmières et infirmiers, spécialistes techniques, ainsi qu’un grand nombre d’équipements et de matériel spéciaux sont nécessaires. Si tout se déroule bien, le patient chanceux devra supporter un long rétablissement et ne pourra se déplacer tout seul, qu’un an après le processus.

Cependant, des médecins sceptiques assurent que les chances de réussite de l’opération dans l’avenir sont minimes, vu que de nombreux facteurs entrent en jeu. Ceci en plus de la nécessité de refroidir le cerveau à une température à laquelle il ne peut plus fonctionner, sans parler de la question éthique.

Mais qui sait ? Dans deux ans peut-être, l’homme arrivera sur Mars, terminera ses recherches dans l’océan, et en passant, réalisera l’opération la plus délicate jamais imaginée.

C’était que se passe-t-il si nous effectuons la transplantation d’une tête ? Que pensez vous de cette opération ? totalement utopiste ou complètement irréalisable ? Dites nous ce que vous en pensez dans les commentaires.

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