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Mauritanie : une femme esclave offerte comme cadeau de mariage

Il y a quelques semaines, une quinquagénaire, appelée Moima, a été offerte en dot par un marié à son épouse, en Mauritanie. Ce qui a déclenché une vive polémique dans le pays.

 

A tel point qu’une manifestation s’est tenue devant le palais présidentiel de Nouakchott, place de la Liberté. De même, les militants des droits humains et représentants de la classe politique ont appelé les autorités à condamner cet acte.

 

Une femme esclave offerte comme cadeau de mariage

Femme esclave mariage
Source : middleeasteye

A Ouadane, une cité historique mauritanienne classée au patrimoine mondial de l’Unesco, une femme noire, appelée Moima, aurait été offerte en dot lors d’un mariage, en tant qu’esclave. En effet, cette pratique est encore aujourd’hui une tradition dans cette partie du pays.

Sans surprise, cette affaire, révélée par l’organisation locale SOS Esclaves à la fin du mois de mars, a déclenché une polémique en Mauritanie, où l’esclavage a été aboli en 1981, criminalisé à partir de 2007 et érigé en crime contre l’humanité en 2012.

Manifestation devant le palais présidentiel

Ainsi, le 31 mars, une manifestation a été organisée devant le palais présidentiel de Nouakchott, place de la Liberté. Et ce n’est pas tout ! Des militants des droits humains et représentants de la classe politique ont appelé les autorités à condamner cet acte.

Une femme esclave offerte comme cadeau de mariage : la CNDH dément


Source : levif

Malgré le scandale, les personnes qui auraient offert une femme esclave comme cadeau de mariage n’auraient eu aucun remord. Loin de là ! Elles seraient en fait venues se plaindre du tapage fait autour de la divulgation de cette affaire.

Devant témoins, « elles ont affirmé que Moima est leur esclave », précise Aziza Brahim de l’ONG SOS Esclaves-Mauritanie. Ce qui a conduit la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), une organisation proche du pouvoir, à s’emparer de l’affaire.

Mais après avoir mené une enquête, elle a démenti les allégations de SOS Esclaves selon lesquelles une femme aurait été offerte comme cadeau de mariage. La CNDH affirme ainsi qu’il n’existe aucune « preuve des allégations de SOS Esclaves relatives à l’apologie de l’esclavage lors de ce mariage ».

L’esclavage en Mauritanie : un sujet sensible


Source : Courrierinternational

Mais alors, la femme a-t-elle vraiment fait l’objet d’un cadeau de mariage en tant qu’esclave ? On l’ignore. Néanmoins, une chose est sure. La question de l’esclavage est particulièrement sensible en Mauritanie.

Et pour cause ! Le pays est régulièrement pointé du doigt à cause de son manque d’effort pour supprimer cette pratique. En 2019, les Etats-Unis ont même retiré à la Mauritanie le statut de partenaire commercial privilégié, en raison de la persistance du « travail forcé » et « d’esclavage héréditaire ».

2% de la population seraient esclaves

D’ailleurs, selon le dernier Global Slavery Index, publié en 2018, 2% de la population de Mauritanie, soit 90.000 personnes, seraient encore victimes d’esclavage. Un fléau qui toucherait particulièrement les Haratines. Une minorité noire où est originaire la femme offerte en esclave lors d’un mariage.

D’après l’ONG Minority Rights, c’est ce groupe « qui est le plus victime de discrimination et d’exclusion dans un pays caractérisé par des hiérarchies sociales et ethniques profondes ». Il faut donc croire que la pratique d’esclavage perdure encore en Mauritanie.

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