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Le célèbre exorcisme d’Anneliese Michel

Le 1er juillet 1976, Anneliese Michel, une jeune allemande de vingt-trois ans, décède dans des conditions mystérieuses : morte de malnutrition, de négligence médicale ou à cause des nombreux exorcismes qu’elle a subi à la chaîne ? Dans cette affaire où se côtoient culte catholique, paranormal et différentes pathologies, il est difficile de désigner un coupable.

 

Malgré de longs séjours dans différentes cliniques dès la fin des années soixante, Anneliese n’a jamais su de quoi elle souffrait vraiment et les traitements prescrits par ses différents médecins n’ont jamais amélioré sa condition.

 

Persuadés que leur fille est possédée, ses parents font appel à deux prêtres exorciseurs pour faire dégager l’éventuelle entité qui semble la hanter. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu : son état se dégrade à vue d’œil, sa métamorphose physique et vocale est effrayante et ses crises deviennent incontrôlables. Pour son entourage, c’est le diable en personne qui s’est emparé d’elle.

Si vous préférez écouter cet épisode, il vous suffit de cliquer ici!.

Source : mirror

Au terme de dix mois de souffrance continus, la jeune femme décède dans une condition physique épouvantable, rachitique, édentée, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ses parents ainsi que les prêtres qui l’ont exorcisée sont poursuivis par les hautes instances juridiques pour négligence et non-assistance à personne en danger. Sont-ils cependant les seuls responsables de sa mort ?

Je vous propose de découvrir avec moi cette sombre histoire, toujours et encore auréolée de mystères dont le bruit est arrivé jusqu’au Vatican et a inspiré Hollywood.

Nous avons tous vu au moins une fois dans notre vie le film « L’Exorciste », nous avons tous été horrifiés et traumatisés par ces scènes devenues cultes et qui font l’unanimité dans le cinéma d’épouvante. La preuve, le film fait encore parler de lui aujourd’hui et même la génération née au début des années 2000 le connaît.

Mais au-delà de la production hollywoodienne, des vrais cas d’exorcisme éparpillés un peu partout dans le monde sont arrivés jusqu’à nous grâce à des reportages télévisés et des enregistrements sonores archivés et conservés dans leurs états originaux. On peut citer notamment le cas tristement célèbre du québécois Maurice Thériault, une affaire couverte par le couple de parapsychologues qu’on ne présente plus : Ed et Lorraine Warren.

Le cas qui nous intéresse aujourd’hui nous vient d’Allemagne où l’affaire est retombée aux oubliettes à mesure que l’emprise de l’église catholique s’est amenuisée dans ce pays d’Europe du nord, où le sens pratique légendaire laisse rarement la place à l’imaginaire morbide et exacerbé. Et pourtant, la vie d’Anneliese Michel n’a rien d’un roman. Sa vie a été des plus normales et des plus communes avant que les événements qui vont suivre ne viennent la bouleverser de façon dramatique.

Tout commence à Leiblfing en Bavière où Anneliese Maria Teresa Michel est née le 21 septembre 1952. Ses parents, Jozef et Anna sont des catholiques, un couple bien comme il faut et surtout, extrêmement religieux. Anneliese est l’ainée d’une fratrie composée de trois autres filles : Klaudia, Gerta et Ann-Frid.

La famille Michel est une famille assez traditionnelle et typique du début des années soixante. Jozef, le papa, qui voulait être prêtre dans sa jeunesse et dont deux de ses sœurs sont nonnes capucines, travaille comme manœuvre dans une scierie et apporte tout ce qu’il gagne à la maison, n’en gardant qu’une infime partie sur un compte épargne.

Anna, la maman, femme au foyer, s’occupe de ses quatre filles, du ménage et de la cuisine. Tous les six vivent tranquillement dans un petit village de Würzburg à dominance catholique romane, entouré par l’idyllique et verdoyante compagne bavaroise, un endroit sain pour élever des enfants, loin du tumulte des grosses métropoles saturées comme Berlin et Munich, des tentations incitatrices et du péché originel qu’elles offrent à chaque coin de rue. C’est du moins ce que pensent Anna et Jozef.

Anneliese et ses sœurs grandissent donc au sein de ce foyer catholique où une ligne rouge séparant le bien du mal est strictement mise en place par leurs parents. Elles se rendent à la messe deux fois par semaine où elles expient régulièrement leurs « péchés » au confessionnal :

« Mon père, j’ai arraché les cheveux de la poupée de ma sœur ! »

« Mon père, j’ai mangé plus de gâteaux que maman m’en a permis ! »

« Mon père, j’ai oublié de dire mes prières avant de dormir hier soir ! »

Et ainsi de suite.

De son côté, la mère, Anna, qui est presque dévote, ne raterait pour rien au monde la messe de l’aube où elle se rend au premier son de l’Angélus alors qu’il fait encore noir dans les ruelles du village et que tout le monde dort encore. Il faut dire qu’elle éprouve le besoin de faire pénitence à cause d’un secret bien gardé dans la famille : avant même d’épouser son mari, elle est tombée enceinte et ils ont eu une première fille en 1948, décédée de maladie en bas-âge, cinq ans avant la naissance d’Anneliese.

La maman est restée persuadée que la mort de cette enfant illégitime, née hors des liens sacrés du mariage, n’est que le résultat de la redoutable colère divine qui s’est abattue sur elle. Pour ce fait, elle est devenue au fil du temps, une mère protectrice et possessive avec les quatre filles nées par la suite, craignant qu’il leur arrive malheur comme avec la première.

L’enfance d’Anneliese se déroule de manière tout à fait classique. C’est une petite fille gentille, réservée et une élève assez douée. Toutefois la maladie marque une bonne partie de cette enfance, et elle souffre de plusieurs pathologies : rougeole, scarlatine, typhoïde et angines pour lesquels elle subit une ablation des amygdales. Peu avant sa puberté, elle contracte encore une pneumonie, puis quelque chose qui ressemble à de la tuberculose, ce qui l’amène à intégrer le sanatorium de Mittelberg.

Cette longue série de maladies contraint la petite Anneliese à s’absenter longuement de l’école et à rester alitée pendant de longues périodes successives. D’ailleurs à cause de sa condition, elle ne parvient pas à nouer des amitiés longues durées et de s’entourer de copines. C’est une enfant solitaire et même ses sœurs lui tiennent rarement compagnie de peur d’attraper un microbe.

A l’adolescence, elle fait la connaissance d’un jeune garçon de sa classe, Peter, avec lequel elle sympathise d’abord avant d’en tomber amoureuse. Les relations affectives étant règlementées strictement par les parents de la jeune fille, elle ne peut voir son petit copain que dans le contexte familial et quand ils sortent ensemble au café et au cinéma, la mère d’Anneliese veille toujours à les accompagner en qualité de chaperon !

Voulant devenir professeur de littérature allemande, Anneliese projette d’entamer des études universitaires juste après l’obtention de son diplôme de secondaire. Son rêve : aller à Munich, la grande métropole pour entamer ses études, une idée qui n’enchante guère sa mère mais son père l’encourage quand même sur cette voie, allant jusqu’à lui promettre de lui louer sa propre petite chambre estudiantine au centre-ville, à condition qu’elle soit acceptée avec les honneurs lors de la sélection.

N’ayant plus que cette idée en tête, la jeune fille redouble d’efforts en classe, écume les bibliothèques, travaille dur pour être toujours classer parmi les premiers.

En septembre 1968, un événement sans précédent vient pourtant couper court à cette effervescence.

C’est pendant son cours de littérature comparée, qu’Anneliese est prise d’un étrange malaise. La douleur est tellement lancinante qu’elle en perd connaissance et tombe inconsciente au beau milieu de la salle de classe. Sa mère est mise au courant et vient immédiatement la chercher.

Anneliese ne se réveille que quelques heures plus tard en pyjama, allongée dans son lit et sans un souvenir de ce qui lui est arrivée. Pendant la nuit, les choses ne s’améliorent pas, alors qu’elle somnole dans ses draps, elle est prise d’une paralysie soudaine.

Pendant environ une vingtaine de minutes elle reste là, prostrée, incapable de bouger ou de crier, sa gorge lui fait terriblement mal, sa tête aussi. Elle ne retrouve un état normal qu’aux premières lueurs du jour mais cet événement, un premier du genre, la marque extrêmement et elle redoute d’avoir une autre crise.

Les jours puis les mois suivants se déroulent de façon normale, Anneliese regagne les bancs de son lycée, revoit avec plaisir Peter, continue d’aller à la messe deux fois par semaine, fait du vélo et aide ses sœurs à faire leurs devoirs.

Mais en Aout 1969, sa « crise » tant redoutée, revient sans prévenir. Anneliese revit alors le même épisode qu’un an plus tôt, avec les mêmes symptômes et la même frayeur. Le lendemain matin, elle relate tout à ses parents qui sont catastrophés.

Anna déclare qu’il est inutile d’attendre une troisième crise pour se prononcer et que l’intervention urgente d’un médecin s’avère nécessaire. Accompagnée de sa mère, l’adolescente est conduite dès le lendemain chez leur médecin généraliste. Ce dernier après l’avoir ausculter ne lui détecte rien d’anormal mais pour en avoir le cœur net, il lui conseille néanmoins de consulter un neurologue. Ce qu’elle fait.

Chez le confrère de son médecin de famille, un neurologue d’une clinique privée à Nuremberg, le Dr Van Hala, Anneliese subit un encéphalogramme. Après avoir longuement étudié les ondes émises par son cerveau, le Dr Van Hala, lui déclare que ses résultats sont bons : inutile de se faire du mauvais sang, tout semble tout à fait normal, elle ne souffre de rien du tout et peut dès maintenant rentrer à la maison.

Source : mentiras-evanglicas-e-outras

Mère et fille soupirent de soulagement. Toutefois, le médecin n’a pas fini : il prévient Anneliese que si les symptômes qu’elle a évoqué persistent ou récidivent, elle risque de développer une épilepsie à long terme. Il lui prescrit une ordonnance d’antidépresseurs et de somnifères pour l’aider à dormir et s’en tient là.

Dans un premier temps, le traitement la soulage quelque peu et ça se voit : elle dort relativement bien, mange bien, fait du vélo et aide même son père à réparer une clôture. Décidément, le docteur avait raison, tout finira par s’arranger. Forte de cette amélioration, Anneliese prend la dangereuse décision d’arrêter de prendre ses médicaments et ceci, sans prendre la peine d’aviser son neurologue. D’ailleurs, pourquoi s’inquiéter outre mesure ? Puisque son état s’améliore, à quoi bon continuer un traitement qui ne sert à rien ? Pur raisonnement des années soixante où les gens étaient en meilleure santé, probablement !

C’est dans cet état d’esprit qu’Anneliese retrouve avec plaisir le chemin du lycée, reprend en mains ses études et réussie même son bac avec mention. Seule ombre au tableau : elle doit abandonner ses projets d’inscription à l’université de Munich car elle n’a pas été retenue lors de la sélection.

Pour qu’elle ne désespère pas tout à fait, son père l’inscrit à l’Université de Leiblfing, géographiquement plus proche et lui fait même cadeau d’une machine à écrire pour la consoler. Elle adore écrire et ça l’occupe, d’ailleurs si elle ne devient pas professeur, elle sera écrivain !

Toujours empreinte de sa foi, Anneliese fait régulièrement pénitence pas seulement pour elle-même mais également pour les autres, comme cette fois où dans un sincère élan d’altruisme, elle passe la nuit à même la dalle nue pour expier les péchés des héroïnomanes qu’elle voit régulièrement endormis au milieu de leurs seringues usagées devant les stations de train et de métro. Ce rituel, Anneliese l’exécute régulièrement pendant trois ans, espérant que Dieu puisse ainsi pardonner les péchés des tous les toxicomanes qui vivent en Allemagne.

Mais alors qu’elle s’apprête à faire son entrée à l’université à la rentrée 1970, Anneliese a une troisième crise foudroyante qui la contraint à retourner une nouvelle fois à la clinique de Nuremberg. Là, elle subit de nouveaux examens plus approfondis au terme desquels on lui détecte des problèmes cardio-vasculaires. Elle reste hospitalisée pendant dix jours avant de retourner chez elle.

A partir de là, les « crises » vont s’enchaîner, plus lancinantes que jamais : la jeune fille perd épisodiquement l’usage de ses jambes ou d’un de ses bras qu’elle ne peut plus bouger et sa mère est obligée de l’aider pour s’habiller et pour se laver. En juin 1971, Anneliese est prise soudainement d’une paralysie générale. Le lendemain elle emmenée en urgence chez son neurologue qui lui fait un autre encéphalogramme et détecte finalement un début d’épilepsie.

Il lui prescrit un traitement pour cette maladie couplé à toute une ordonnance d’antidépresseurs à savoir du Pericyazine et du Tegretol avec ordre formel de se conformer à l’ordre chronologique de la prise de son traitement, insistant que ceci n’est pas un jeu et qu’il ne faut pas le prendre à la légère.

Adieu les études universitaires, adieu ses projets d’avenir, adieu son mariage futur avec Peter. Anneliese est au bord du gouffre ; « épi-lep-sie », ce mot sonne à ses oreilles comme une sentence, la fin de tout ce qu’elle espérait réaliser dans les années à venir.

Sa mère qui devient en quelque sorte son infirmière et son assistante, essaye de lui remonter le moral, l’aide pour sa toilette, lui prépare ses repas, prie chaque soir avec elle.

«  Ceci est la volonté de Dieu, ma chérie, ainsi soit-il. »

Et joignant le geste à la parole, elle lui met son chapelet dans ses mains, récite avec elle un Ave Maria, puis l’embrasse sur le font et sort en éteignant la lumière.

Dans le foyer des Michel, déjà très bouleversé par la récente maladie d’Anneliese, les choses ne seront plus jamais comme avant. Dès la fin de 1971, l’adolescente est aux prises avec une nouvelle épreuve sans précédent et complétement différente de toutes les choses vécues jusqu’à maintenant :

«  Je l’ai vu, maman ! Je l’ai vu, là sur le mur ! »

« Tu as vu quoi au juste ? »

«  Je l’ai vu ! Il est répugnant, affreux, il se moque de moi ! J’ai peur, n’éteins pas la lumière en t’en allant ! »

Des figures démoniaques, voilà de quoi parle Anneliese. Elle raconte qu’elle sont apparues sur le mur de sa chambre, des personnages à cornes et à queue fourchue tout droit sorties de l’enfer qui se moquent d’elle en lui tirant la langue et en lui faisant des grimaces effrayantes. La jeune fille leur donne même un surnom, les « Fratzen » !

Mais les choses ne s’arrêtent pas là, car Anneliese parle à présent de voix et de coups dans le mur, comme des coups de poings violents qu’on assène et qui la font sauter de son lit. Pourtant ni ses parents, ni ses sœurs ne semblent les étendre ces fameux bruits.

Pour en avoir le cœur net, Jozef Michel fait le tour de la maison, inspecte toutes les chambres, la tuyauterie de la chaudière, vérifie s’il n y a pas de souris dans le grenier, et quand il a tout passer au peigne fin, il descend annoncer qu’il n’ y absolument rien. Sa fille n’en est pas convaincue, il y’a bel et bien des bruits et les entend aussi clairement que quand il lui parle.

Pendant des semaines entières, Anneliese continue d’entendre ces coups, distinctement et pendant plusieurs nuits d’affilée. Simple fruit de son imagination ou phénomène de paralysie du sommeil ? On n’en sait rien.

Mais les choses ne font que commencer.

Car aux coups dans le mur, s’ajoutent bientôt d’autres phénomènes plus « physiques », plus inquiétants aussi. Anneliese commence à sentir des odeurs étranges et nauséabondes. Elle parle d’odeur de soufre, de charbon qui brule, de feu et de matières fécales. Des odeurs que les catholiques et la bible attribuent généralement à l’enfer.

Sa mère, paniquée, court chercher de l’eau bénite à l’église et en asperge toute la maison. Elle en met même dans les draps, les vêtements et le matelas de sa fille. Mais rien n’y fait, les odeurs sont toujours là et de plus en plus insoutenables pour Anneliese qui dit vouloir vomir continuellement à cause de cela.

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