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La disparition de Laurence Maille

Le mercredi 28 novembre 2007, le charmant petit village de Farbus, situé dans le département du Pas-de-Calais, connaît un sordide fait divers qui ébranle sa quiétude légendaire, et le plonge au beau milieu d’une histoire tout droit sortie d’un polar à deux sous.

 

Laurence Maille, une charmante jeune femme de 36 ans disparaît subitement sans laisser de traces, alors qu'elle était partie promener son cocker anglais. Le petit animal domestique sera retrouvé plus tard, errant tout seul à plus de 7 km de la maison où vit Laurence avec son jeune compagnon, un certain John Szablewski.

 

Le jeune homme et Laurence semblent former un couple incroyablement amoureux et soudé, et John ne cesse de remuer ciel et terre pour retrouver sa douce dulcinée. Pourtant l’homme, visiblement éploré, devient rapidement le suspect numéro 1 dans cette mystérieuse affaire de disparition, lorsque les gendarmes découvrent qu’il y a plusieurs contradictions dans son récit.

Commence alors une longue enquête qui s’étalera sur plus de deux ans, et qui mènera souvent les gendarmes vers de fausses pistes ou vers des impasses.

Si vous préférez écouter cet épisode, il vous suffit de cliquer ici!.

Source : fernsehserien

Toute l’histoire commence par un appel téléphonique très urgent à la Gendarmerie nationale de Farbus, ce mercredi 28 novembre 2007, vers le coup de 19 h 15. L’homme au bout du fil est visiblement ému, parlant avec peine et sur un ton qui ne peut dissimuler sa frayeur :

  • Allo ! Allo ! mais répondez donc bon sang ! Allo vous m’entendez ? c’est la Gendarmerie nationale ?
  • Oui Monsieur, c’est la Gendarmerie nationale Rue de Saint-Nazaire à Vimy, en quoi pouvons-nous vous aider ?
  • C’est… c’est ma compagne ! Elle n’est toujours pas rentrée à la maison et je me fais un sang d’encre, j’ai tellement peur qu’il lui soit arrivé quelque chose ! Ce n’est pas dans ses habitudes et…
  • Calmez-vous monsieur s’il vous plaît, je n’arrive vraiment pas à vous suivre ! Vous dites que votre épouse a disparu, c’est bien ça ?
  • Oui, oui s’il vous plaît faites quelque chose ! Elle aurait déjà dû être rentrée depuis des heures maintenant ! Elle m’a dit qu’elle allait promener le chien, mais elle aurait déjà dû être à la maison à l’heure qu’il est !
  • D’accord ! D’accord ! Essayez juste de vous calmer un peu monsieur, et donnez-moi votre adresse s’il vous plaît ! On va vous envoyer une patrouille sur le champ !

Après avoir communiqué ses coordonnées aux gendarmes, John Szablewski raccroche fébrilement son téléphone et essaye vainement de mettre de l’ordre dans ses idées enchevêtrées.

Le jeune homme de 31 ans est littéralement dépassé par les événements, et c’est avec grand peine qu’il peut encore simplement réfléchir. Les pensées se bousculent dans son esprit à plus de 100 km/h, il est obnubilé par une seule chose : sa compagne, Laurence Maille, qui s’est volatilisée.

Une fois sur place, les gendarmes prennent la déposition de John, tout en veillant à le rassurer comme il est d’usage dans ce genre de situation. La famille d’une personne disparue nécessite toujours une bonne dose de savoir-faire psychologique afin d’atténuer le choc et tenter de calmer son inquiétude. Les agents de la Gendarmerie nationale recueillent donc le maximum d’informations auprès du jeune homme, et brossent ainsi très rapidement le tableau des événements.

Selon John en effet, la jeune femme de 36 ans lui aurait indiqué par texto qu’elle allait promener son chien. Le problème, c’est qu’elle n’est toujours pas rentrée à la maison alors que le chien, lui, a été retrouvé par un badaud, errant à plus de sept kilomètres de la maison du couple.

Aux yeux des gendarmes, ces éléments sont suffisants pour lancer immédiatement les recherches. John Szablewski est lui-même assez surpris par autant de vélocité de la part des agents, et ne manque pas d’ailleurs de le leur signaler, le plus benoîtement du monde.

  • Je croyais qu’il fallait attendre 24 heures avant de lancer les recherches, non ?
  • Ça c’est dans les films américains monsieur Szablewski, c’est juste un des nombreux mythes d’Hollywood ! Lorsqu’on veut trouver une personne disparue, on s’y prend le plus tôt possible car plus on attend, plus on diminue les chances de la retrouver.

Les paroles du gendarme sont on ne peut plus logiques et censées, et c’est donc ainsi que le soir même, commencent les recherches de la jeune femme disparue. L’efficacité des forces de l’ordre dans ce genre de cas de figure, ainsi que le professionnalisme et la dévotion dont ils font preuve, forcent en effet le respect. Déjà, le signalement de la jeune femme a été transmis par radio à l’ensemble des éléments de la Gendarmerie nationale, et des barrages routiers ont même été érigés aux points les plus fréquentés.

  • Avis à toutes les unités, la personne disparue est une jeune femme blanche faisant 1,66 m pour 50 kg, elle a les cheveux châtains avec de fines mèches blondes ! Au moment de sa disparition, elle était vêtue d’un T-shirt bleu marine à longues manches, d’un pantalon de survêtement noir, de baskettes noires, d’une veste beige très claire, et d’un blouson court de couleur chocolat !

Pendant ce temps-là, John Szablewski a déjà entrepris d’imprimer et de placarder un peu partout des avis de recherches avec la photo de Laurence, accompagné dans cette tâche par des collègues de travail de sa compagne. Ces derniers se sont en effet joints immédiatement aux efforts de recherche de la jeune femme, après que John les a averti de sa mystérieuse et inquiétante volatilisation dans la nature.

Le groupe de collègues veille jusqu’à tard le soir cette nuit-là, tentant de réconforter un John Szablewski au bord de la crise de nerf. Le jeune homme ne peut certainement pas fermer l’œil de la nuit, et a visiblement besoin d’être accompagné dans ces heures sombres.

  • Ne vous inquiétez pas mon cher John, elle doit juste avoir décidé de s’éloigner un peu pour respirer ! Vous savez, son affaire de divorce et la vente de la maison avec toute la paperasse et la pression, pour une jeune femme de son âge, c’est beaucoup !

Mais le lendemain, Laurence Maille n’est toujours pas rentrée à son domicile, et personne ne s’est manifesté suite à l’avis de recherche, placardé un petit peu partout dans le village de Farbus et aux environs. Les autorités locales décident alors d’élargir considérablement les recherches aux alentours de la commune, mobilisant ainsi une armée de plus de cent gendarmes, assistés par des pompiers et des secouristes.

La nouvelle de la disparition de Laurence Maille se répand alors, telle une traînée de poudre au sein de ce petit village de 500 âmes, dont la paisibilité légendaire va être mise à rude épreuve. À l’église ou dans les échoppes du village comme à l’intérieur de leurs chaumières, les Farbusiens ne parlent plus que de cette mystérieuse affaire de disparition, et chacun y va de sa propre théorie.

  • C’est cette pauvre enfant qui s’est évanouie dans la nature ! Vous devez sûrement la connaître, elle vient chaque dimanche à la messe !

Et pendant que les discussions et les commérages vont bon train dans le village, les gendarmes organisent de grandes battues avec l’aide de quelques bénévoles, dans les petits bosquets et les campagnes environnantes.

La région de Farbus est très vaste et constituée dans sa majeure partie d’immenses étendues agricoles qui s’étendent à perte de vue. Il faut donc mobiliser le maximum de personnes pour les recherches, et surtout, il faut faire intervenir des hélicoptères pour la surveillance aérienne. Car dans certains champs de blé, la visibilité est quasi nulle et les équipes à pied ne pourront pratiquement rien voir.

Ce sont ainsi de très grands moyens, aussi bien matériels qu’humains, que mettent en place les autorités locales en vue de retrouver la jeune femme disparue. Mais hélas, leurs efforts vont se révéler bien vains, et plus le temps s’écoule, plus les chances de la revoir réapparaître saine et sauve s’amenuisent.

Les gendarmes qui connaissent bien cette triste vérité ne cessent donc de redoubler leurs efforts, accentuant les recherches et ne s’accordant aucun instant de répit.

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