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Elisa Lam et la malédiction du Cecil Hotel !

A Los Angeles plus précisément à Main Street, une immense bâtisse démodée occupe toute l’artère et attire le regard des passants. Son nom ? The Cecil Hotel.

 

A première vue , le lieu a tout pour impressionner : 700 chambres , une succession infini de corridors , de salles de conférences, de restaurants, d’escaliers , d’ascenseurs , de fenêtres et de portes. Pourtant , tout de suite, un étrange sentiment de malaise prend le visiteur pour ne plus le quitter : l’infinité devient un huis-clos dérangeant et le sentiment d’être pris au piège au milieu de ces meubles kitsch et surannés , incite à faire carrément demi-tour !

 

Assassinats crapuleux , suicides, règlements de comptes, vengeances , portes qui grincent , eau noire coulant des robinets, cadavres dissimulés sous le plancher, mais quelle est donc la malédiction qui poursuit le Cecil Hotel et ses résidents ?

C’est ce que je vous propose de découvrir avec moi dans notre affaire criminelle d’aujourd’hui.

Si vous préférez écouter cet épisode, il vous suffit de cliquer ici !.

Source : dailygeekshow

En tapant « Cecil Hotel , Los Angeles » sur le moteur de recherche de sites d’hébergement en ligne comme Booking.com , TripAdvisor ou encore Easyvoyage.com , on se fait tout de suite une idée sur quoi il faut s’attendre.

Les avis , largement mitigés ou négatifs côtoient les questions alarmistes de futurs clients , regrettant déjà leur choix et cherchant à tous prix à annuler leur réservation pour aller voir ailleurs. Mais alors que Booking lui octroie un généreux 2 Etoiles , TripAdvisor le verbalise avec une note de 1.

En parcourant la section galerie de l’hôtel , nous avons pourtant droit à un florilège  d’images (non mensongères) mais étonnement aussi attrayantes les unes que les autres : ici un grand hall au sol en marbre dans le pur style art-déco , là une cage d’ascenseur dorée très vintage et pleine de charme, là des palmiers bien entretenus rappelant que nous sommes bien en Californie. Le rêve !

Dans la section « photos de voyageurs » , on découvre encore des chambres d’apparence simples, certes un peu démodées , un peu surannées avec leur papier peint doré et leurs abat-jour en macramé , mais du moins très correctes.

Quant au prix des chambres, il varie entre cinquante et soixante dollars la nuitée (cela dépend si vous voulez ou non la salle de bain intégrée ou plutôt dans le couloir), et si vous êtes prêt à délier davantage la bourse, vous pourriez carrément séjourner dans l’une des nombreuses suites pour un peu moins de cent dollars la nuitée.

Mais toujours ces avis négatifs ! C’est tout de même étrange ! Quoique :

 «  Si vous voulez séjourner dans un hôtel amusant et coloré dans un quartier en plein essor, avec des restaurants sympas et des boutiques branchées , vous pouvez séjourner dans l’une des 700 chambres du Cecil Hotel et économiser beaucoup d’argent ! ».

«  Gros petit-déjeuner Américain avec gaufres , œufs au plat et jus d’orange pressé ! »

Ouf , ça va , ce n’est pas tout noir.

Mais l’avalanche de commentaires glauques reprend très vite son droit :

« Chambres petites , présence d’insectes, possibilité de croiser certains clients drogués ou fortement alcoolisés dans les couloirs ! »  

«  Ascenseur sale et plein de graffitis , literie sale, moquette sale, forte odeur d’urine provenant des toilettes , clientèle bizarre… »

«  J’ai réservé ici pour finalement tout annuler et aller chercher ailleurs ! »

«  Passez votre chemin, il y a mieux et moins cher à L.A … »

«  Le soir , évitez de vous aventurer dans le quartier , vous risquez de faire de mauvaises rencontres  … »

Et encore des pages et des pages qui se donnent le refrain.

Pourtant depuis son rachat en 2008, d’importants travaux de rénovations ont eu lieu. L’un des directeurs du Cecil Hotel , Fred Cordova , a fait des pieds et des mains pour espérer satisfaire tout le monde et attirer un maximum de clientèle jeune , moderne venue non seulement des États-Unis mais aussi de tous les quatre coins de la planète.

Selon lui, le profil-type du nouveau client sera un touriste de la classe moyenne tout ce qu’il y a de plus correct , cherchant à rester dans le centre-ville de la Cité des Anges sans se ruiner en logement.

En sortant faire un tour dans le quartier de Skid Row qui entoure l’endroit , on est pourtant vite horrifié et bouleversé par le spectacle qui s’offre à la vue : un alignement de tentes montées à la sauvette, des caddies de supermarché pleins de bric à brac, des bouteilles d’alcool et des canettes de bières vides , mais surtout il y a cet amoncellement de seringues usagées jetées un peu partout et parfois récupérées pour être réutiliser. Une Cour des Miracles made in USA

Mise à part les campements de fortune, il y a surtout des visages, émaciés , jeunes, moins jeunes, blancs , noirs , amérindiens, des visages sans-âge, des bras tatoués, des veines saillantes piquées à différents endroits, des hommes et des femmes ravagés par la détresse, les nombreuses addictions, le regard fixe et cave qu’à quitter tout espoir depuis des années.

C’est ici que ce sont échoués tous les accidentés de la vie , tous ceux que la clinquante L.A a préféré oublié ou du moins dissimuler , toute une population de sans-abris devenue au fil des ans indésirable, parasite, dérangeante.

Depuis le toit du Cecil Hotel , on peut avoir une vue panoramique sur cette marée humaine d’environs 10.000 individus dont le nombre croit année après année. Skid Row est devenu le point de rencontre de tous les dealers des « basses catégories » qui y prolifèrent. Les bagarres et les descentes de police de nuit comme de jour y sont d’ailleurs quasi-quotidiennes.

Un quinquagénaire Afro-Américain qui tient un petit café cajun à l’autre bout de la rue , raconte :

 «  The Suicide ! C’est comme cela que tout le monde appelle le Cecil Hotel par ici et je vous assure qu’il vaut mieux passer la nuit dehors que dans l’une de ses chambres ! Il se passe des choses pas nettes , mais vraiment pas nettes là-bas ! »

The Suicide ? Mais pourquoi ce surnom si sinistre ? Il ajoute :

«  C’est que il y avait des morts presque chaque deux ou trois mois dans le temps! »

En posant la question à Google,  « Cecil Hotel , victimes » , la première image qui saute aux yeux est celle d’une jeune femme de toute beauté, de ces beautés frêles et naturelles des années quarante du temps où le maquillage coutait encore extrêmement cher. Teint extraordinairement pâle, pommettes hautes , crinière noir , regard de félin,  et puis un nom, un nom de jeune fille comme il faut : Elizabeth Short.

On retient d’elle peu de choses : une vie amoureuse mouvementée et malheureuse, un rêve de célébrité rapidement abandonné et une carrière cinématographique  jamais vraiment entamée.

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