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Algérie : un internaute condamné à 3 ans de prison pour des caricatures

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Walid Kechida, un algérien de 25 ans, a été condamné à trois ans de prison ferme ainsi qu’à une amende pour avoir publié sur Facebook des mèmes moquant le président Abdelmadjid Tebboune et l’Islam.

 

Une sanction très lourde qui s’inscrit dans un climat de répression accrue de la liberté d’expression sur Internet en Algérie. D’ailleurs, les interpellations et arrestations ciblant les militants anti régime sont quotidiennes dans le pays, selon le CNLD.

 

Un internaute condamné à 3 ans de prison pour des caricatures

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Source : actualiteivoire

Le lundi 4 janvier, un jeune internaute algérien, partisan du mouvement de protestation antirégime « Hirak », a été condamné à trois ans de prison ferme pour avoir publié sur Facebook des caricatures tournant en dérision le président Abdelmadjid Tebboune et la religion.

Un verdict pour le moins sévère qui, en plus, est assorti d’une amende de 500 000 dinars, soit 3 000 euros. Le jeune homme, Walid Kechida, est coupable d’« offense au président », « aux préceptes de l’islam ». Mais aussi d’« outrage à corps constitué ».

En détention provisoire depuis huit mois

Le parquet de Sétif, situé dans le nord-est du pays, avait d’ailleurs requis cinq ans de prison contre le militant. Aujourd’hui, Walid, âgé de 25 ans, est en détention provisoire depuis plus de huit mois. Ce qui n’a pas manqué d’indigner un bon nombre d’associations.

Un internaute condamné pour des caricatures : « l’heure est très grave »

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Source : Lenouvelliste

« Walid Kechida est condamné malheureusement à trois ans de prison ferme assortis d’une amende », a déclaré Kaci Tansaout, coordinateur du Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien aux prisonniers d’opinion en Algérie.

« L’heure est très grave au moment où on s’attendait à sa libération aujourd’hui, voire même à une relaxe. Maintenant, on doit tous se mobiliser aux côtés des avocats » en vue du « procès en appel », a estimé Kaci Tansaout.

Quant à Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, il a dénoncé sur Twitter que « le pouvoir maintient sa feuille de route autoritaire et décide un autre coup de force en prévision des législatives. Le durcissement des peines en est le signal ».

Liberté d’expression en Algérie : les interpellations des militants se multiplient

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Source : dw

Ainsi, pour les défenseurs du droit de l’homme, la condamnation de cet internaute algérien est indéniablement un coup dur pour la liberté d’expression. D’autant plus que les interpellations et arrestations ciblant les militants antirégime sont quotidiennes. Et ce malgré l’arrêt des manifestations hebdomadaires du « Hirak » depuis la mi-mars à cause de la pandémie du coronavirus.

D’ailleurs, plus de quatre-vingt-dix personnes sont actuellement en prison en Algérie en lien avec les protestations du Hirak ou encore avec les libertés individuelles. Et dans au moins 90% des cas, ses poursuites se font à la suite de publication, sur les réseaux sociaux.

« Le mème n’est pas un crime »

Par conséquent, une multitude d’internautes réclament aujourd’hui la libération de Walid Kechida. Ils partagent notamment son portrait avec des lunettes de soleil ou en reprennent les slogans « Free Kechida » et « le mème n’est pas un crime ».

Mais alors, le jeune internaute retrouvera-t-il sa liberté ? Pour l’heure, on l’ignore ! Néanmoins, sa condamnation ouvre de nouveau le débat sur la liberté d’expression en Algérie.

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